Le testament de Brigitte Bardot : un dernier acte pour ses combats
Le décès de l'icône française soulève une question cruciale : à qui reviendra son immense patrimoine ? Loin d'être laissée au hasard, sa succession a été scrupuleusement orchestrée pour perpétuer l'engagement de toute une vie.

Un héritage dédié à la protection animale
Le dimanche 28 décembre 2025, la légende du cinéma s’est éteinte dans le calme de sa maison de Saint-Tropez. Au-delà de l’onde de choc mondiale, une interrogation s’est rapidement imposée : que deviendra sa fortune ? La réponse était déjà écrite. Brigitte Bardot, femme de convictions, avait tout organisé de son vivant pour que son patrimoine serve la cause qui lui tenait le plus à cœur.
Dès l’annonce officielle par sa Fondation, un point est devenu clair : l’essentiel de ses biens serait voué à la défense des animaux, un engagement qui a marqué ses quatre dernières décennies. Bien avant de se retirer des projecteurs, dès 1986, elle avait entamé une mue radicale. Elle a progressivement liquidé bijoux, effets personnels et objets précieux pour alimenter financièrement son militantisme. Son testament ne fait que parachever cette démarche, en orientant la majeure partie de son actif vers la Fondation qui porte son nom, créée pour venir en aide à ceux qu’elle nommait « les êtres les plus purs ».
Parmi les symboles forts de cet héritage, on trouve La Madrague. Cette propriété emblématique de Saint-Tropez, si intimement liée à l’image de la star, ne sera pas simplement vendue. Dans le cadre de la succession, elle se transforme en un havre pour la faune et un levier économique destiné à assurer un financement pérenne aux actions de la Fondation. Un choix en parfaite adéquation avec la pensée de celle qui déclarait souvent : « J’ai offert ma jeunesse et ma beauté aux hommes, je lègue désormais ma sagesse et mon expérience aux animaux. »

La part réservée du fils unique
Si les volontés de Brigitte Bardot étaient sans équivoque, le cadre légal français impose ses propres règles. Il est en effet impossible d’exclure totalement ses descendants d’une succession. La loi, protectrice, définit strictement les modalités de transmission, et c’est ici qu’entre en jeu la part obligatoire revenant à son unique enfant, Nicolas-Jacques Charrier, né de son mariage avec Jacques Charrier.
Malgré des relations parfois tendues et une certaine distance, le droit prime. Lorsqu’un parent ne laisse qu’un seul héritier, la réserve héréditaire s’élève à la moitié de la succession. Concrètement, Nicolas-Jacques Charrier hérite donc de droit de 50% du patrimoine net, indépendamment des souhaits exprimés par sa mère. L’autre moitié, appelée quotité disponible, pouvait en revanche être librement léguée. C’est cette part que Brigitte Bardot a choisie d’attribuer dans son intégralité à sa Fondation.

Une optimisation fiscale au service de la cause
Cette transmission présente un autre atout de taille sur le plan financier. Alors que son fils devra régler les droits de succession usuels sur sa part, la situation est radicalement différente pour la Fondation Brigitte Bardot. Étant reconnue d’utilité publique depuis 1992, elle est totalement exonérée de ces droits sur les legs qu’elle reçoit.
L’impact est direct : chaque centime transmis à la Fondation est intégralement reversé à la protection animale, sans qu’aucune fraction ne soit prélevée par le fisc. Ce mécanisme permet de maximiser la portée de cet héritage considérable et assure la continuité de l’œuvre de Brigitte Bardot pour les années à venir.
Jusqu’à son dernier souffle, l’ancienne star aura transformé son existence — et même son départ — en un véritable manifeste pour ses convictions.
